D’amour et d’eau fraîche

Bonjour à tous,

Après un passage dans une iiimmennnnse librairie, j’en suis notamment ressortie avec Contes au fil de l’eau de Maupassant (Gallimard – collection Folio 2€).

Le titre est assez explicite. Chaque histoire se passe soit près d’une rivière, de la mer, d’un marais… Elles dépeignent l’aventure humaine et amoureuse.https://i1.wp.com/decitre.di-static.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/7/0/4/9782070447787FS.gif

Plus facile à lire que ce recueil, il y a vraiment une unité dans celui-ci. Il reste toutefois varié par les émotions que ces nouvelles provoquent et le choix des personnages. L’écriture de Maupassant m’a transporté de conte en conte. Tantôt avec un sentiment décontenancé, tantôt un état de plénitude (=histoire qui finit mal vs histoire avec un zeste d’eau de rose).

Contrairement au premier recueil de l’auteur que j’ai lu l’an dernier, les histoires n’ont pas fait « plouf » à la fin. J’ai trouvé les fins mieux amenées. Pour ma part, elles ne sont pas arrivées comme un cheveux sur la soupe. Sans en dévoiler trop, on aura quand même quelques surprises à la lecture de certaines !

Quelques citations :

« Le marais, c’est un monde entier sur la terre, monde différent qui a sa vie propre, ses habitants sédentaires, et ses voyageurs de passage, ses voix, ses bruits, et son mystère surtout. » (dans Amour)

« Il y a dans toute création, l’être moral et l’être physique. Pour aimer, il me faudrait rencontrer entre ces deux êtres une harmonie que je n’ai jamais trouvée. » (dans Lettre trouvée sur un noyé)

« Je ne connais pas l’énervement affolant de l’espérance quand elle va venir, et la divine mélancolie du regret, quand elle s’enfuie en laissant dans la chambre une odeur légère de violette et de chair. » (dans Lettre trouvée sur un noyé)

Votre avis ? L’avez-vous lu ? Sinon tenté(e) de le lire ?

Article qui participe au Challenge Classiques 2014 chez Milleetunefrasques.https://i0.wp.com/www.milleetunefrasques.fr/wp-content/uploads/2014/01/Challenge-classique-4.jpg

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Des pâtes, Dieu, et du flirt

mangeprieaimeBonjour à tous,

Aujourd’hui, c’est roman étranger au menu. Le livre en question s’intitule Mange, Prie, Aime, d’Elizabeth Gilbert, publié aux éditions Calman-Lévy.

Résumons l’histoire:

Jeune trentenaire vivant à New York, Elizabeth a beaucoup de bonnes choses pour elle. Mais elle se voit devoir traverser des épreuves difficiles: un divorce, suivie d’une dépression, et pour finir un échec sentimental. Imprégnée de nouvelles aspirations, elle décide de faire, toute seule, avec une visée bien précise, trois voyages de plusieurs mois chacun: le premier en Italie, à Rome, le deuxième en Inde, puis le dernier en Indonésie, à Bali. Elle se donne alors un an pour trouver la paix dans sa vie et dans son âme, avec « l’aide » de la religion.

Le récit commence par une longue introduction, qui plante les circonstances et les raisons de l’auteur sur l’objet de ce roman. Ici et tout au long du livre, elle prend bien soin de ne pas heurter les appartenances religieuses de ses lecteurs, et s’excuse très (trop ?) souvent de croire ce qu’elle croit.

La première partie se passe donc à Rome. Elle nous décrit avec passion la langue qu’elle pratique, ses découvertes culinaires, et ses rencontres amicales. L’auteur a volontairement fait l’impasse sur le côté culturel, pour « se concentrer » sur la nourriture. Mis à part que j’aurais bien aimé découvrir cet aspect là, cette première partie permet de faire connaissance avec l’auteur.

La deuxième partie nous emmène en Inde, dans un ashram (=maison-temple de guru où l’on vient de tous continents pour méditer). Au fil des pages, on note bien l’évolution de son rapport avec les pratiques religieuses, et sa relation avec elle-même. On sent aussi, pour relater et faire le lien avec d’autres religions, qu’elle a dû passer un certain temps à se documenter ! Les explications, pour moi, sur la pratique yogique s’étendent un peu en longueur, car à avoir fait des recherches sur le sujet, elle nous a ressorti là toutes ses nouvelles connaissances ! En tout cas le voyage prend clairement une tournure mystique. Cela crée une certaine atmosphère, mais toujours avec la vision d’une femme vivant dans un pays industrialisé, et avec des interrogations et des pensées qui sont relativement proches de nous.

La dernière partie prend place à Bali. On peut percevoir toute son évolution depuis le début du roman. Sa manière de penser, de voir les choses, de réagir semble bien différente, et on est content pour elle. Elle nous parle donc beaucoup moins de son divorce et de ses précédents malheurs, ce qui amène un peu de fraicheur. Là bas elle rencontre tout un tas de gens; un peu plus encore que dans les autres voyages. Cela soutient le rythme du récit et apporte plus de rebondissements.

Finalement, j’ai apprécié ce roman car il m’a permis de voyager dans différents endroits très différents, d’apprendre des choses, et de connaître des bons plans pour un prochain voyage à Rome. J’ai aussi pu m’éveiller à la spiritualité, et à la celle de l’auteur, ce qui était assez agréable. Un petit bémol pour l’esprit très américain et une vision assez romancée de ses périples, qui ne parait pas toujours vraisemblable (partir seule pendant un an sans grande préparation et tout juste sortie de dépression… Se lier d’amitié avec toutes les personnes qui se sont mises sur son chemin, quel que soit le pays et l’appartenance de ces personnes… La voix de la raison toujours juste et pile poile au bon moment de Richard du Texas…Retrouver le premier jour de son arrivée son sorcier de Bali grâce au réceptionniste de son hôtel, en connaissant uniquement son prénom… vraiment ?)

Quelques citations:

« Au fait, le mot « paradis », qui nous vient du persan, signifie littéralement « jardin enclos » ». (En Indonésie)

« Ce que le tabac inflige aux poumons, le ressentiment l’inflige à l’âme; même une seule bouffée est nocive ». (En Inde)

« Je vois bien que cultiver une dose de détachement intelligent dans sa vie peut s’avérer utile de pacification ». (En Inde)

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Envie de le lire – ou pas ?

« News »

Bonjour à tous,

Parlons un peu de classiques de Boule de Suiflittérature française avec le recueil de nouvelles Boule de Suif de Maupassant, publié aux éditions Le Livre de Poche (collection Les Classiques de Poche).

Pour la petite histoire, n’aimant pas trop les récits descriptifs et souhaitant me replonger dans nos classiques, on m’a alors conseillé Maupassant. Du XIXe siècle, des nouvelles ou des romans, l’assurance donc de ne pas avoir à lire la description de l’ouverture d’un placard bleu vif à poignées rondes lisses et blanches, en haut légèrement à gauche entre… enfin voilà on a compris le concept 🙂

L’introduction nous dit qu’il s’agit d’un recueil permettant d’apprécier les différents aspects de Maupassant nouvelliste au début de sa carrière. Sont réunies les préoccupations et thématiques diverses de la première partie de son œuvre. On dénombre une petite vingtaine de nouvelles. Au programme des récits cruels et fantastiques, des récits sur un fond de guerre, qui dépeignent ironiquement la morale et le code conduite de la bourgeoisie, etc.

Pour ma part, j’ai bien aimé l’ambiance très « vintage », et l’étendue des sujets abordés. J’ai trouvé amusant d’apprendre la signification autre de certains mots à l’époque. On ressent bien que Maupassant aime se moquer de la bourgeoisie normande, le ton ne semble pas toujours neutre ! Petit bémol pour moi tout de même, notamment pour la nouvelle Boule de Suif, mais aussi La dot et L’attente, où je suis restée sur ma faim. Le décor est largement planté dans les premières pages, avec un certain nombre de personnages selon le récit, l’intrigue est lancée… et puis pouf, c’est déjà la fin ! Si dans certaines nouvelles il semble bien qu’il est voulu nous laisser méditer, pour d’autres il m’aurait fallu quelques lignes de plus avant le point final.

Et vous, votre avis ? Avez-vous lu d’autres recueils de Maupassant ?

En route pour un long voyage !

Yasushi Inoué est l’auteur de Rêves de Russie, publié aux éditions Points, dans la collection Grands romans.

Plantons d’abord le décor:

« A la fin du XVIIIe siècle, Daikokuya Kôdayû, capitaine du Shinshômaru, poussé vers le nord avec ses compagnons, fait naufrage aux abords d’une île située juste au sud du détroit de Béring. La moitié des survivants périt faute de pouvoir s’habituer au terrible climat. Les autres apprennent à vivre en imitant les sauvages de l’endroit et en se liant à quelques aventuriers russes exilés dans les parages, dont ils apprennent la langue et les coutumes. Les aventures du brave Daikokuya ne font que commencer… »

Cette aventure de marins japonais naufragés, nous fait voyager en Russie, mais est aussi un peu amère, nostalgique, puisqu’ils vont devoir errer de nombreuses années et perdre bon nombre de ce qui formait l’équipage, pour finalement soit mourir, rester, ou rentrer chez eux en étant totalement incompris.

A la fin de l’ouvrage figure un petit glossaire bien utile pour comprendre les termes japonais employés.

Le style est agréable à lire. La sublime couverture et les éloges dans la biographie de l’auteur notamment, écrites au dos m’ont vendues du rêve. C’est vrai qu’on voyage énormément à travers ce livre, et qu’on perçoit les différences de culture, les émotions houleuses; mais il y avait trop de descriptions du bateau, de la navigation, de la faune et de la flore, parfois inutiles. Selon moi tout ceci a ralenti le rythme du livre. Je suis donc un peu mitigée sur cette lecture.

Miam !

Certes, les fêtes de fin d’année viennent de passer, mais heureusement il y a plein d’autres occasions de cuisiner de bons petits plats !

Il y a quelque temps maintenant, on m’avait offert ce livre de recettes : Cuisine de fête, écrit par un collectif, et publié aux éditions Planet Medien AG.

Assez pratique (en spirales et pas trop volumineux), complet, on retrouve, à chaque intercalaire, des exemples de décors de table, des recettes de cocktails, d’amuse-bouches,  d’entrées, de plats, de desserts, et un index des recettes.

Personnellement je n’ai pas encore utilisé la rubrique décors de table. L’occasion (et la motivation) de faire un pliage de serviettes et d’assortir toute la déco aux couverts viendra peut-être ! En tout cas on retrouve de chouettes recettes (120 en tout), assez faciles à réaliser dans l’ensemble, et pour tous les goûts. L’estimation de budget (onéreux, bon marché, etc.) et les informations nutritionnelles y sont indiquées.

Dernièrement j’ai testé en apéritif les « champignons farcis aux épinards », et les « brochettes de poulet mariné au curry ». Faciles et très bons !

Un livre de recettes à conseiller ?

De la solidarité pour les livres et les auteurs aussi

pubslush-is-like-kickstarter-for-authors-166a57fa4fDes projets de domaines variés voient le jour grâce au crowfunding (financement participatif). Comme Ulule ou Kickstarter, une nouvelle plateforme, Pubslush, vient d’être créée. Cette dernière est dédiée aux auteurs qui souhaitent être aidés par exemple pour la publication ou  la promotion d’un livre -qu’il soit papier ou numérique.

Ici aussi, le projet est donc présenté, et il est possible d’en montrer quelques pages. La somme dont l’écrivain a besoin est affichée. Ce dernier peut proposer une « récompense » aux généreux donateurs.

Pubslush propose également des programmes pour aider la littérature à entrer dans les chaumières. Pour cela, chacun peut devenir un Ambassadeur (Campus Ambassador pour les étudiants et le Professional Ambassador).

Pour chaque livre publié et vendu grâce à cette plateforme, un livre sera offert à des associations caritatives oeuvrant pour la lecture et l’apprentissage des enfants défavorisés (produit-partage).

Plus d’infos ici

Bienvenue au Club

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous parler d’une de mes lectures préférées ! Un petit indice est dans le titre de l’article… il s’agit de Le Club des Incorrigibles Optimistes, de Jean-Michel Guenassia (publié pour ma part aux éditions Le livre de Poche). Pour l’info, il a reçu le Prix Goncourt des lycéens de 2009, mais aussi le Prix des lecteurs de Notre Temps.

Un petit résumé avant toute chose:

Le Livre de Poche

« Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient passé le Rideau de Fer pour sauver leur peau. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, trahi leurs idéaux, et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes. »

En ce qui me concerne, ce livre a fait naître un débordement d’émotions ! Du rire, de la tristesse, un certain respect… Chaque personnage est attachant, on navigue entre génération, passé et présent, le tout de manière subtile, ce qui fait facilement avalé les quelques 730 pages. Le côté historique du roman (guerre d’Algérie, Rideau de fer…) peut être très bien accueilli par des « non passionnés » d’histoire, puisque selon moi ils servent beaucoup à dresser la personnalité de chacun, de mieux les comprendre, et pas seulement d’objective démonstration.

Le style est agréable à lire. Ce qui m’a un peu interpellé : Michel, jeune adolescent grandit « mélangé dans  le passé » si on peut dire, autour de fortes personnalités issues de générations antérieures à la sienne. La bouffée d’énergie et d’optimisme sont plutôt perçus en fin d’ouvrage, ce qui contribue aussi à nous tenir en haleine. Pour finir, pour les lecteurs qui sont proches des années 60, ce roman doit probablement faire résonnance. Sinon, je ne saurais pas me prononcer sur la véracité des enregistrements de disques et autres capacités des magnétophones dans les années 50-60 !

Avec ce tourbillon de vies et d’aventures, à quand une suite ??

A t’il attrapé votre coeur ?

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, c’est du roman L’attrape-cœurs de J.D Salinger (aux éditions Pocket pour ma part) dont il est question !

J’ai entendu parler de ce livre non pas parce que c’est un classique aux Etats-Unis (ce que j’ai découvert après haha), mais tout bonnement car c’est Annie Saumont qui l’a traduit, et que je l’aime bien, Annie. J’avais déjà accroché avec ses romans, et j’ai eu ouïe dire que cette deuxième traduction de L’attrape-cœurs collait beaucoup plus au ton du texte original, qui par le langage très familier, est assez complexe à retranscrire. Portée par cet engouement donc, je le commande rapido au Père-Noël.

visuel L'attrape-coeurs

Un petit résumé de l’histoire avant d’aller plus loin :

« Nous sommes en 1949 dans une pension de la côte Est américaine. Holden Caulfield pourrait être un adolescent américain tout ce qu’il y a de plus ordinaire : une famille qui lui tape sur le système, une scolarité chaotique… des problèmes d’adolescence ordinaires. Expulsé, Holden s’enfuit trois jours avant le début des vacances de Noël. Il prend le train pour New York et, ayant trop peur de la réaction de ses parents, s’installe dans un hôtel. ‘L’ Attrape-cœurs’ relate les trois jours durant lesquels ce jeune garçon est livré à lui-même. A chaque pas, à chaque rencontre, ne trouvant toujours pas les réponses à ses questions, ne comprenant pas le monde qui l’entoure, complètement paumé, il se rapproche un peu plus d’une crise qui nous guette finalement tous. »

J’ai tout d’abord eu le sentiment de retrouver une part du style d’Annie Saumont, dans ce langage un peu « brut ». Ensuite j’ai été déstabilisée par cet anti-héros, son caractère, sa vision des choses, le tout par hyper hyper enthousiaste, gai, et leurs synonymes. Ca vous met un peu mal à l’aise.

J’ai quand même eu du mal à accrocher avec ce livre. Mais le rythme de l’histoire et un peu de persévérance m’ont amené jusqu’à la fin. Le jeune garçon est finalement touchant, un peu pathétique aussi, mais humain.

J’ai bien aimé ce livre, pour le dérangement et la réflexion qu’il provoque, « l’originalité » du style d’écriture, toutes les aventures qui arrivent à Holden, et la satisfaction d’avoir lu quelque chose de classiquement intelligent 😉

Et vous qu’en avez-vous pensé ? A t’il « attrapé votre cœur » ? Avez-vous lu la 1ère traduction du roman ? Sinon avez-vous envie de le lire ?