Les frontières du réel ?

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Bonjour à tous,

Après vous avoir resservi du Saumont (haha), vous reprendrez bien un peu d’Hilsenrath ? J’avais bien aimé Le nazi et le barbier, et quand je suis tombée à la biblio sur celui-là (le suivant sur sa bibliographie) j’ai dit banco.

L’histoire:

L’histoire se passe dans les années 1970. On baigne dans la Guerre froide. Anna Maria Peperoni, fille du mafieux le plus riche d’Amérique et journaliste qui n’a jamais rien écrit, tombe enceinte à Moscou du juif Sergueï Mandelbaum, dont elle est aussi follement amoureuse. Ce poète scientifique lui a en effet procuré son premier orgasme. Il est hors de question pour son père qu’elle ne soit pas mariée avant l’accouchement. Or, Mandelbaum ne peut pas quitter le pays. La mafia va alors tout tenter pour le faire venir sur le sol américain.

Précédé d’un prologue, le roman est découpé en cinq parties. Pour ma part, les frontières du réel ont largement été dépassées ! La Guerre froide, la mafia, le terrorisme deviennent une vaste blague ! C’est décalé et loufoque. Dans cette parodie du polar, on a aussi droit à quelques passages bien gras qui viennent agrémenter le délire. Encore plus que Le nazi et le barbier. Petit bémol, la fin semble expédiée, par rapport à toutes les précédentes aventures du premier duo S. K. Lopp / Mandelbaum. Malgré cet effet d’accéléré, la chute m’a quand même un peu calmé. Une lecture parfaite entre deux livres un peu plus sérieux !

L’ouvrage en lui-même: J’ai bien aimé la typographie et les illustrations à l’intérieur: texte bleu marine (qui n’est pas du Times New Roman), une page graphique pour chaque nouvelle partie, une petite illustration à chaque début de chapitre et parfois aussi  à l’intérieur du chapitre. C’est soigné, ça rend la lecture d’autant plus agréable, et ça ajoute une petite « ambiance ». En voici un aperçu ci-dessous. Notez que le format poche ne bénéficie pas de la même mise en page.

Orgasme à Moscou - E. Hilsenrath - Pulpedelivre.wordpress.com

Quelques citations:

« – […] Qui sait… vous irez peut-être un jour au ciel ?

– Certainement pas, dit le chauffeur.

– Et pourquoi pas ? demanda Lopp.

– Seuls les astronautes montent au ciel, dit le chauffeur. » (Deuxième partie, chp. 2)

« Regarde-moi ça, il essuie sa barbe trempée du dos de la main. Est-ce qu’un homme a besoin d’avoir une barbe ? Dépravé ! Lève-tard ! Fainéant ! […] Tu m’étonnes qu’il figure sur la liste noire du KGB. Qu’il bouffe du bouillon de poule réchauffé avec des vieux bouts de viande et des carottes trop cuites. » (Deuxième partie, chp. 3)

« Sacrée Anna Maria ! Non seulement elle est à l’origine de toute cette affaire, mais elle est la cause du pire casse-tête que tu aies jamais eu à résoudre de ta vie ! La femme fatale ! » (Quatrième partie, chp. 1)

« – Et si Sergueï Mandelbaum a pris la pilule, il n’est donc pas tombé enceinte. Logique.

– Logique, dit Anna Maria.

– Mais toi, oui !

– Bien vu, dit Anna Maria. » (Quatrième partie, chp. 2)

Et vous, connaissiez-vous Hilsenrath ? Avez-vous d’autres livres de l’auteur ? Tenté(e) par celui-ci ?

J’ai de bonnes nouvelles pour vous !

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Annie Saumont

 Bonjour à tous,

Comme laisse entrevoir le titre du billet, il ne s’agit pas de roman aujourd’hui, mais d’un recueil de nouvelles. Je vous en remets une deuxième couche en vous proposant un autre d’Annie Saumont: La terre est à nous.

J’aime bien cette photo, on dirait que c’est un proche qui l’a prise devant chez elle, et non un professionnel pour tel document de presse. Elle parait toute frêle, alors que ses livres sont plutôt écrits d’une main de fer !

J’ai trouvé ce petit bijou dans ma bibliothèque (si on ne trouve pas toujours les nouveautés, au moins, certains livres plus anciens y sont !). Pourtant moins récent donc que Un soir, à la maison, l’écriture est restée somme toute la même, moderne, sans fioriture, et incisive. Certaines nouvelles étaient particulièrement longues et d’autres très courtes. Ca donne le sentiment, en commençant une nouvelle histoire, de ne pas savoir où cela va nous mener ! Surtout que l’auteur n’a pas besoin de 20 pages pour nous donner le bourdon/nous faire réfléchir/nous choquer; au choix.

J’ai moins voyagé que pour Un soir, à la maison par exemple. Pour ce livre les toiles de fond étaient clairement moins variées. Beaucoup d’histoires d’enfants et d’enfance se succèdent (la place de l’enfant dans sa famille et son environnement, son identité, son histoire, ses racines, ses changements, les regrets d’enfance d’adultes, etc.).  Passer ce sujet sous la plume d’Annie Saumont, cela devient presque un peu « trash ». D’autant plus que l’image de l’enfance est innocente et fragile, nous touche forcément. Les personnages très ordinaires, sa plume épurée qui colle bien à ce thème, permettent de nous sensibiliser encore davantage.  La terre est à nous, à Edmonde, dans les mains d’Abdul, mais à quel prix !

En tout cas je pense pouvoir recommander à peu près tous ses livres lus à l’heure actuelle !

Quelques citations:

« Dis Nadège, pourquoi tu mets plus tes belles robes comme avant ? Tes belles robes de princesse avec des volants. Avant quoi ? Sophie hésite, hausse les épaules. Avant. Quand tu riais. » (Nostalgie)

« Ce jeudi au Café du Commerce il y avait de la beauté en rab. Les autres jours allez savoir. Parfois peut-être on ne voyait que du laid. L’un dans l’autre une moyenne acceptable. » (Jeudi matin au Café du Commerce)

« Quand tout ce sucre fond dans la bouche c’est comme si on planait. On est ailleurs. On est sauvé. Rien que d’y penser j’en salive. » (Loukoums)

« C’est ça le malheur- Frédéric: dix sept ans et seulement l’espoir de vieillir en vitesse. Après celui d’avoir son bac. » ( ?)

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Les challenges

Bonjour à tous,

Petit post à la fois pour me le rappeler et pour vous faire partager deux « challenges lecture » auxquels je me suis inscrite !

http://www.milleetunefrasques.fr/challenge-classiques-2014-la-page/

–> Le challenge Classiques sur Mille et une frasques:

Le but du jeu : lire un classique par mois (ou moins) durant l’année 2014. On entend classique les ouvrages écrits jusqu’en 1970. Cela permet donc de lire aussi des auteurs comme Mauriac, Gracq et Le Clézio par exemple. Sont acceptés les oeuvres littéraires dites classiques mais également les BD qui en sont tirées, les films (ciné et DVD) et les spectacles. Sont également acceptées les lectures audios.

Le lien des articles en rapport est à déposer sur sa page prévue pour ce challenge.

 Le winner aura un petit cadeau. Le « classique de l’année » aura lu son classique par mois, chaque mois. Pour nous départager :

  • Vous avez lu un classique étranger : 10 points
  • Vous avez lu parfois plus qu’un classique par mois : 10 points
  • Vous avez choisi une adaptation au moins une fois dans l’année : 5 points (ce bonus ne peut s’obtenir qu’une fois)
  • Vous avez choisi une lecture audio : 5 points (ce bonus ne peut s’obtenir qu’une fois)

En ce qui me concerne, je ne suis surement pas dans le peloton de tête 😉 Mon premier billet en lien est ici.

En attendant de finir ceux en cours, je pense réserver à ce challenge Le Horla et Bel Ami de Maupassant, et puis Nouvelles de J.D Salinger (qui attendent gentiment leur tour sur mon étagère).

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–> Le challenge Nordique sur Chroniques Littéraires:

Le but du jeu: lire des livres écrits par des auteurs nés dans les pays précités, ou de livres dont l’action se passe dans l’un de ces pays.

Les pays retenus pour ce Challenge sont :

Pays nordiques : Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède, ainsi que leurs États associés : Åland, Groenland, les îles Féroé. Mais aussi les îles du Nord de l’Écosse : les Orcades et les Shetland.

Pays d’Europe du Nord : Angleterre, Irlande, Ecosse, Estonie.

 Il y a de quoi se mettre sous la dent car sont acceptés les romans, les BD, les livres jeunesse… Mais aussi tout ce qui concerne la culture de ces pays : nourriture, comptes rendus d’expositions, de visites de monuments, de week-ends passés là-bas, les bons plans, les lieux insolites, les jeux, l’Histoire, et la royauté des pays concernés.

Le lien des articles en rapport est à déposer sur sa page dans son blog.

Pour celui-ci, il n’y a pas encore de livre qui attend avec ses copains ! A voir. Si vous avez des idées ça m’intéresse !

*Images des challenges récupérées sur leur blog respectif.

Paris chapeaux melons…

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Bonjour à tous,

De belles photos de Doisneau issues du beau livre simplement intitulé Paris. On y retrouve plusieurs thèmes liés à notre capitale, repris ici et dont j’ai extrait une photo de chaque pour les illustrer.

Ce livre fait écho à une exposition de la Ville de Paris consacrée au photographe, début 2007. Non pas que je voue un culte à cette ville, mais les sujets, la manière presque simple et chaleureuse, et ces clichés qui semblent être pris sur le vif (alors que pas vraiment, hein), je trouve ça bien agréable pour les yeux !

Voici donc une petite sélection.

Paris par hasard…

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Jardin des plantes, mai 1951

Paris se révolte…

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Barricade Saint-Germain Saint-Michel, août 1944

le Paris des Parisiens…

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La Diagonale des marches, 1953

Paris s’amuse…

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Danseuse de be-bop, 1951

Paris béton…

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Quand nos routes se sont croisées, j’avais trouvé mon professeur de bonheur, Maurice Baquet porte de Vanves, 1982

Et vous, ça vous inspire quoi Doisneau ?

Encore du Saumont s’il vous plait !

annie saumontBonjour à tous,

Premier billet que je rédige sur cet auteur, alors que j’aime beaucoup ce qu’elle fait depuis un petit moment. J’ai déjà lu quatre de ses recueils (avec celui-ci) et une traduction; il était presque temps de vous en parler !

A ma connaissance elle écrit des nouvelles et est aussi traductrice de littérature anglophone (notamment le fameux L’Attrape-cœurs de J.D Salinger).

J’avais a-do-ré Le tapis du salon, ma première découverte dans sa bibliographie. J’ai ensuite lu Un si beau parterre de pétunias et Encore une belle journée. Un soir, à la maison ressemble un peu au Tapis du salon. J’ai aimé que les histoires ne virent pas au trash, comme dans l’un des deux livres précédemment cités (je ne me souviens plus lequel; et peut-être cela concernait-il les deux !). Chaque histoire a un point commun ancré dans le quotidien mais elles sont toutes très variées. Aucune nouvelle ne finit comme un cheveux sur la soupe. Si une fin se termine subitement, on sent que ça a été habilement maîtrisé. Une majuscule après une virgule, des petites « notes » entre parenthèses, l’auteur fait sa propre ponctuation. Toujours cette écriture précise, poignante, se basant sur des histoires du quotidien. « L’âge, la routine, les trahisons, les limites : un panorama doux-amer de ce que la vie, irrémédiablement, nous réserve ». Un petit livre à n’en faire qu’une bouchée. Un régal. J’en veux encore !

Quelques citations:

« Parce que. Cet homme vous avait souri. Parce qu’il avait gardé votre main dans la sienne un peu plus longtemps que la normale, mais qu’est ce que c’est, la normale ? Des mains qui se serrent font-elles un aveu ? » (Chambre)

« On lui prépare son biberon on le cale dans sa chaise haute, on cale le biberon aussi, oui sur la tablette, le biberon dressé entre un exemplaire de La Divine Comédie et un Manuel des bonnes manières, une cordelette fixant le tout, ça tient […] » (Chambre)

« Quand la pluie a cessé j’ai couru encore. On marchait derrière moi à lourdes enjambées, bientôt ça devenait une course-poursuite mais j’étais si rapide, je courais éperdument dans la forêt de là-bas ». […] Mais non. Il a dit non, il a dit oui. » (Equateur)

« Si on en fait un rituel quotidien il est improbable qu’on remarque un changement. […] Du jour au lendemain j’étais exactement la même. Le lendemain du jour aussi. Pourtant on change. J’ai changé. » (TGV. La gare)

Et vous, connaissiez-vous Annie Saumont ? Avez-vous lu ce recueil ?