« Voilà ma confession, mon cher docteur. Dites-moi ce que je dois faire ? »

le horlaGuy de Maupassant, Le Horla, Pocket

Bonjour à tous,

Après un pavé, quoi de mieux qu’un tout petit livre ? J’ai donc opté pour le plus fin de mes livres à lire (100 pages), à savoir un recueil de nouvelles de Maupassant: Le Horla.

Quand je lis des classiques, j’ai le sentiment de ne plus passer à côté de ce qui constitue notre trésor national, et de me l’approprier un peu.

J’avais déjà lu deux recueils de l’auteur, Boule de Suif et Comtes au fil de l’eau. Celui-ci n’a rien à voir ! La couverture nous donne un avant goût du contenu. Je ne suis pas spécialement branchée lecture fantastique, mais en revanche j’en suis de Maupassant !

Dans ce recueil (Pocket, 2013), on retrouve une préface, qui nous plante de décor, en nous mettant dans le bain pour les cinq nouvelles qui suivent: Le Horla (2nde version), Un fou ?, La folle, Lettre d’un fou, et La peur. J’ai été un peu déçue qu’il y ait si peu de nouvelles (je l’ai commandé en ligne). Mais bon, pour 1,55€, le rapport quantité-prix leur a semblé être raisonnable.

Si elles traitent toutes de la folie, chaque nouvelle est différente. Sauf les deux premières qui se ressemblent beaucoup selon moi. J’ai aimé cette écriture fluide et un brin poétique, même dans une ambiance flippante comme celle-là. Et en ayant connaissance de l’état de l’auteur à ce moment. Je pensais au début, « oh, même pas peur du livre et de la couverture qui se veut pseudo-effrayante, il se lit au collège… ». Que nenni ! Maintenant je le regarde autrement…

Si vous avez beaucoup d’imagination: effet garanti !

Quelques citations:

« Fête de la République. […] C’est pourtant fort bête d’être joyeux, à date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. » (Le Horla)

« Je vivais comme tout le monde, regardant la vie avec les yeux ouverts et aveugles de l’homme, sans m’étonner et sans comprendre. Je vivais comme vivent les bêtes, comme nous vivons tous, accomplissant toutes les fonctions de l’existence, examinant et croyant voir, croyant savoir, croyant connaître ce qui m’entoure, quand, un jour, je me suis aperçu que tout es faux » (Lettre d’un fou)

« Cette métamorphose accomplie par le nerf auditif dans le court trajet de l’oreille au cerveau nous a permis de créer un art étrange, la musique […] » (Lettre d’un fou)

* Titre de l’article tiré de la nouvelle Lettre d’un fou.

Et vous, votre avis ? D’autres livres de Maupassant à me conseiller ?

Lu dans le cadre du Challenge Classiques chez Milleetunefrasques.

http://www.milleetunefrasques.fr/challenge-classiques-2014-la-page/

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Jon: 1 moi: 0

Le coeur de l'homme-Pulpedelivre.wordpress.com

Jon Kalman Stefansson, Le cœur de l’homme, Gallimard

Deuxième passage à la bibliothèque pour un troc de livres lus contre un nouveau. J’ai opté pour un pavé cette fois-ci (455 pages), d’un auteur multitâches: poète, romancier et traducteur, j’ai nommé Jón Kalman Stefansson. Au dos, un petit paragraphe indique que son œuvre a reçu les plus hautes distinctions littéraires de son pays (et après avoir lu Je suis né un jour bleu, on sait que ce pays contient le plus fort taux d’auteurs ! Héhé.).

L’histoire:

 Tout se passe dans l’Islande du XIXème siècle.

 » Jens le postier et le gamin ont failli ne pas sortir vivants de cette tempête de neige, quelque part dans le nord-ouest de l’Islande. Ils ont été recueillis après leur chute par le médecin du village, et le gamin, une fois de plus, a l’impression de revenir à la vie.

Nous sommes au mois d’avril, la glace fondue succède à la neige et au blizzard. Après avoir repris des forces et fait connaissance avec quelques habitants comme cette jeune femme à la chevelure rousse qui met en émoi le gamin, tous deux peuvent finalement reprendre le bâteau pour retrouver une autre communauté villageoise, celle de leur vie d’avant : la belle veuve Geirþrúður, farouchement indépendante, le capitaine aveugle et sa bibliothèque, puis Andrea, la femme du pêcheur Pétur qui rappelle au gamin le pouvoir des mots. Il lui a écrit une de ces lettres qui transforment un destin, l’enjoignant de quitter son mari au cœur si sec… « 

Partant donc d’une jolie couverture, d’un résumé intriguant et de sympathiques éloges, le livre est reparti avec moi.

Sauf que; certes ce mélange de poésie et d’aventure dans un roman est original. C’est la première fois que je lis quelque chose comme ça. Mise à part que pour tous les prénoms du grand nombre de personnages j’ai eu du mal à savoir/retenir qui fait quoi, qui est une fille et qui est un garçon, le tout entre deux débuts d’action, nous avons droit à des réflexions parfois pseudo-spirituelles, parfois morbides, et de longues descriptions d’un détail… Et ça… je n’aime pas. Si je n’en étais pas sûre, maintenant je le suis.

Pour ma défense j’ai quand même poussé ma « témérité » jusqu’à la 81ème page !

Je ne pense pas essayer de lire les autres romans ayant rencontrés un vif succès, comme La tristesse des anges et Entre ciel et terre. Je suis déjà servie. Après m’être renseignée, je crois que celui-ci fait partie de cette trilogie. Il est le dernier des trois. Peut-être aurait-il été plus agréable de commencer par le plus ancien (le premier donc). Encore fallait-il le savoir.

En revanche, à ceux qui aiment et ont l’habitude d’apprivoiser de la littérature pure et dure, dans un décor quelque peu exotique, foncez !

Quelques citations:

« Il tente de palper son environnement, envoie ses mains en reconnaissance, mais elles se révèlent aussi inutiles que ses yeux […] » (chp. 2)

« Où résident le bonheur et la plénitude si ce n’est dans les livres, la poésie et la connaissance ? » (chp. 8)

Ce billet est le premier de ma participation au Challenge nordique de Chroniques littéraires ! Et pas le dernier !

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Une grosse part de pi*

jesuisneunjourbleuBonjour à tous,

Aujourd’hui, un livre qui attendait sagement d’être lu depuis Noël ! Il s’agit du témoignage de Daniel Tammet, Je suis né un jour bleu.  L’auteur est atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme de haut niveau. En 2007, il a été élu l’un des « 100 génies vivants » du monde par un panel d’experts et un jury britannique. Assez balaise le petit père quoi.

Je ne serais sans doute pas aller de moi-même vers cet ouvrage, qui n’est ni un roman ni une nouvelle mais plutôt une autobiographie, sur un sujet bien particulier.

Dans son récit, il décrit à la fois simplement et précisément son enfance jusqu’à sa vie d’adulte. Il mêle avec justesse les faits et son ressenti.

Au début surtout, il nous gratifie de longs passages sur les nombres. Outre l’aspect intéressant qui nous explique comment il modélise les nombres en couleur et en forme (ce qui lui permet de faire des calculs assez extraordinaires), je pense qu’on apprécie encore davantage ces explications avec un esprit scientifique (à qui, en tout cas, de trop longs passages sur les chiffres ne donnent pas le mal de mer…). On sent qu’il aime ça et qu’il aime en parler. Il est également assez pipelette à propos de l’apprentissage des langues. J’ai donc par moments un peu décroché, et pris le parti de zapper quelques paragraphes trop pointus à mon goût.

J’ai en tout cas appris beaucoup de choses. Ce livre est une ouverture à la curiosité et à la tolérance.

jesuisneunjour bleuIMG-20140603-00509Une petite photo pour vous montrer, qu’à l’intérieur, le livre est ponctué d’illustrations comme celle-ci. Elles représentent en image un propos, une idée pour l’auteur.

Quelques citations:

Comme vous pouvez le constater, beaucoup de passages ont retenu mon attention:

 » […] mes parents redoutèrent que je sois désormais incapable de mener la vie « normale » qu’ils voulaient pour moi. Comme pour beaucoup de parents, être « normal », cela voulait dire être heureux et productif. » (chapitre 3)

« Audrone m’expliqua certaines croyances lituaniennes à propos de Noël. Par exemple, on croit qu’à minuit, le jour de Noël, l’eau des torrents, des rivières, des lacs et des puits se change en vin, même si ce n’est que pour un instant. A minuit également, les animaux peuvent parler, même si les gens n’ont pas le courage de faire l’effort de les entendre. » (chapitre 7)

« Je me représentais l’amitié comme un papillon, à la fois beau et fragile, qui s’envolait dans les airs et que toute tentative d’attraper revenait à détruire ». (chapitre 8)

« Il peut lire deux pages d’un livre simultanément, une page pour chaque œil, en retenant tout ou presque à la perfection. » (chapitre 11) Bloggeurs et autres mordus de lecture, on peut aller se rhabiller.

«  »Donnez-lui votre date de naissance », suggéra Fran. « 31 janvier 1979 », dis-je. « Tu auras 65  ans un dimanche », annonça Kim. J’opinai et lui demandai sa date de naissance à lui: « 11 novembre 1951 », répondit-il. Je fis un grand sourire: « Tu es né un dimanche ! » Le visage de Kim s’illumina et je sus désormais que nous étions connectés ». (chapitre 11)

*En anglais, il y a un jeu de mots entre « pi » (le nombre) et « pie » (la tarte) qui se prononcent tous deux de la même façon.
 

La vidéo du film Brainman, dont il parle dans son livre (c’est en anglais of course):

 

Pour finir, le lien de son site d’apprentissage des langues est ici

On relooke le lapin

Bonjour à tous,

Vous l’avez forcément déjà vu si vous avez déjà pris le métro parisien, cet autocollant placé sur les portes à destination des enfants, avec un message préventif accompagné d’une illustration de lapin. Il est présent depuis 1977 sur toutes les lignes.

https://i1.wp.com/www.lefigaro.fr/medias/2014/05/27/PHOa5d4248a-e5ac-11e3-ae3c-7148bd7d6ceb-805x453.jpg

Le lapin « dégage à la fois de la fragilité et de la douceur, … et court partout sans faire attention ». Depuis le 28 mai, c’est un nouveau lapin qui se coince les doigts dans la porte du métro ! L’ensemble jaune a été troqué contre un jean et un t-shirt, un peu plus moderne dans l’idée.

Il n’est pas question de faire débat sur la priorité des choses à régler à la RATP ni de commenter le juste prix de ce nouveau visuel, mais plutôt de s’intéresser -juste- à cette nouvelle illustration.

Son prénom lui vient de son dessinateur, « Serge ». Fort de cette nouvelle identité, il en profite pour investir les réseaux sociaux, avec un concours sur la page Facebook RATP, un webdoc sur la chaine Youtube. Et pour finir, Serge ouvre également son compte Twitter.

Pour ma part, en ce qui concerne le dessin, Serge a enlevé son pyjama pour s’habiller, les couleurs sont harmonieuses, mais le message est moins percutant qu’avec un fond rouge. Je trouve aussi que c’est une bonne idée d’avoir créer un lien plus fort autour de l’animal en le mettant sur les réseaux sociaux actuels.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Le making of de la création de Serge: