« Il ont vécu heureux et contents jusqu’à la fin des temps »

Bonjour à tous,

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Aujourd’hui nous nous offrons un moment d’enchantement et partons en Russie, grâce aux Contes russes, de Luda et Bilibine pour l’illustration (Seuil jeunesse).

 On y retrouve sept contes:

Vassilissa-la-très-belle, L’oiseau de feu, La princesse-Grenouille, La plume de Finist-Fier-Faucon, Grande-Sœur et Petit-Frère, Blanche Canette et Maria des Mers.

Mais avant d’entrer dans le vif du sujet, regardez-moi (ou imaginez, puisque je ne suis pas certaine que la photo rende vraiment justice aux couleurs) ces bordures de pages doré vieilli, ces aquarelles aux couleurs contrastées, aux contours cernés. Ivan Iakovlevitch Bilibine (1876-1942) a fait partie des meilleurs illustrateurs de contes, SVP.

En regardant tout ça, tout en lisant page par page (qui sont d’ailleurs bien épaisses, pas cheap du tout), on peut dire que j’ai kiffé ma lecture.

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D’autant plus que: la majorité des contes ressemble à des poèmes puisque les phrases riment, la tournure qu’elles ont parfois est tout simplement poétique.

Au fil de ma lecture je me suis rendue compte que j’étais sûre d’en connaître déjà un, voire deux.

J’ai aimé la simplicité des choses: « -Pourquoi ne m’as-tu pas écouté ? Pourquoi as-tu touché la bride ? […]. -Pardonne-moi, je t’en prie ! J’ai encore fauté, c’est vrai. -Bon , bon ! Quand le vin est tiré il faut le boire. » (dans L’oiseau de feu)

« Et ils ont vécu sans soucis ni tourments, buvant de l’hydromel vieux, mangeant du pain blanc. » (dans Maria des Mers)

Qui dit conte ne veut pas toujours dire histoire « doudou »: « Quant à la sorcière, on la lia à la queue des chevaux, on traîna son corps par monts et par vaux. Les oiseaux ont dévoré les chairs, le vent a dispersé les os. » (dans Blanche Canette)

Mais aussi de subtiles touches d’humour: « -Que faire maintenant ? Je ne peux quand même pas prendre une grenouille pour femme ! Ce n’est pas une compagne pour moi ! Mais le tsar dit: -Epouse-là ! Que veux-tu, il faut croire que c’est ton destin. » (dans La princesse-Grenouille)

On notera par ailleurs, toujours dans le même conte, une lente évolution de l’égalité hommes-femmes: « Peu après, le tsar dit à ses fils: -Voyons un peu laquelle de vos femmes est la meilleure ménagère ? Que chacune me cuise pour demain un beau pain blanc, tendre ! ».

Des contes simples et heureux, presque poétiques pour certains, où la nature et les animaux ont une belle place. On perçoit aussi les traditions de filage de laine, de fabrication de draps et de tapis, mais aussi une nourriture qui semble basique (on fait mention de pain, d’eau, d’alcool) pour des princes et princesses, une ligne de conduite assez rude, où l’on sait pardonner mais aussi être sans pitié.

Une belle parenthèse dans la lecture de romans, qui m’incite à être renouvelée.