J’ai de bonnes nouvelles pour vous !

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Annie Saumont

 Bonjour à tous,

Comme laisse entrevoir le titre du billet, il ne s’agit pas de roman aujourd’hui, mais d’un recueil de nouvelles. Je vous en remets une deuxième couche en vous proposant un autre d’Annie Saumont: La terre est à nous.

J’aime bien cette photo, on dirait que c’est un proche qui l’a prise devant chez elle, et non un professionnel pour tel document de presse. Elle parait toute frêle, alors que ses livres sont plutôt écrits d’une main de fer !

J’ai trouvé ce petit bijou dans ma bibliothèque (si on ne trouve pas toujours les nouveautés, au moins, certains livres plus anciens y sont !). Pourtant moins récent donc que Un soir, à la maison, l’écriture est restée somme toute la même, moderne, sans fioriture, et incisive. Certaines nouvelles étaient particulièrement longues et d’autres très courtes. Ca donne le sentiment, en commençant une nouvelle histoire, de ne pas savoir où cela va nous mener ! Surtout que l’auteur n’a pas besoin de 20 pages pour nous donner le bourdon/nous faire réfléchir/nous choquer; au choix.

J’ai moins voyagé que pour Un soir, à la maison par exemple. Pour ce livre les toiles de fond étaient clairement moins variées. Beaucoup d’histoires d’enfants et d’enfance se succèdent (la place de l’enfant dans sa famille et son environnement, son identité, son histoire, ses racines, ses changements, les regrets d’enfance d’adultes, etc.).  Passer ce sujet sous la plume d’Annie Saumont, cela devient presque un peu « trash ». D’autant plus que l’image de l’enfance est innocente et fragile, nous touche forcément. Les personnages très ordinaires, sa plume épurée qui colle bien à ce thème, permettent de nous sensibiliser encore davantage.  La terre est à nous, à Edmonde, dans les mains d’Abdul, mais à quel prix !

En tout cas je pense pouvoir recommander à peu près tous ses livres lus à l’heure actuelle !

Quelques citations:

« Dis Nadège, pourquoi tu mets plus tes belles robes comme avant ? Tes belles robes de princesse avec des volants. Avant quoi ? Sophie hésite, hausse les épaules. Avant. Quand tu riais. » (Nostalgie)

« Ce jeudi au Café du Commerce il y avait de la beauté en rab. Les autres jours allez savoir. Parfois peut-être on ne voyait que du laid. L’un dans l’autre une moyenne acceptable. » (Jeudi matin au Café du Commerce)

« Quand tout ce sucre fond dans la bouche c’est comme si on planait. On est ailleurs. On est sauvé. Rien que d’y penser j’en salive. » (Loukoums)

« C’est ça le malheur- Frédéric: dix sept ans et seulement l’espoir de vieillir en vitesse. Après celui d’avoir son bac. » ( ?)

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Encore du Saumont s’il vous plait !

annie saumontBonjour à tous,

Premier billet que je rédige sur cet auteur, alors que j’aime beaucoup ce qu’elle fait depuis un petit moment. J’ai déjà lu quatre de ses recueils (avec celui-ci) et une traduction; il était presque temps de vous en parler !

A ma connaissance elle écrit des nouvelles et est aussi traductrice de littérature anglophone (notamment le fameux L’Attrape-cœurs de J.D Salinger).

J’avais a-do-ré Le tapis du salon, ma première découverte dans sa bibliographie. J’ai ensuite lu Un si beau parterre de pétunias et Encore une belle journée. Un soir, à la maison ressemble un peu au Tapis du salon. J’ai aimé que les histoires ne virent pas au trash, comme dans l’un des deux livres précédemment cités (je ne me souviens plus lequel; et peut-être cela concernait-il les deux !). Chaque histoire a un point commun ancré dans le quotidien mais elles sont toutes très variées. Aucune nouvelle ne finit comme un cheveux sur la soupe. Si une fin se termine subitement, on sent que ça a été habilement maîtrisé. Une majuscule après une virgule, des petites « notes » entre parenthèses, l’auteur fait sa propre ponctuation. Toujours cette écriture précise, poignante, se basant sur des histoires du quotidien. « L’âge, la routine, les trahisons, les limites : un panorama doux-amer de ce que la vie, irrémédiablement, nous réserve ». Un petit livre à n’en faire qu’une bouchée. Un régal. J’en veux encore !

Quelques citations:

« Parce que. Cet homme vous avait souri. Parce qu’il avait gardé votre main dans la sienne un peu plus longtemps que la normale, mais qu’est ce que c’est, la normale ? Des mains qui se serrent font-elles un aveu ? » (Chambre)

« On lui prépare son biberon on le cale dans sa chaise haute, on cale le biberon aussi, oui sur la tablette, le biberon dressé entre un exemplaire de La Divine Comédie et un Manuel des bonnes manières, une cordelette fixant le tout, ça tient […] » (Chambre)

« Quand la pluie a cessé j’ai couru encore. On marchait derrière moi à lourdes enjambées, bientôt ça devenait une course-poursuite mais j’étais si rapide, je courais éperdument dans la forêt de là-bas ». […] Mais non. Il a dit non, il a dit oui. » (Equateur)

« Si on en fait un rituel quotidien il est improbable qu’on remarque un changement. […] Du jour au lendemain j’étais exactement la même. Le lendemain du jour aussi. Pourtant on change. J’ai changé. » (TGV. La gare)

Et vous, connaissiez-vous Annie Saumont ? Avez-vous lu ce recueil ?

 

A t’il attrapé votre coeur ?

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, c’est du roman L’attrape-cœurs de J.D Salinger (aux éditions Pocket pour ma part) dont il est question !

J’ai entendu parler de ce livre non pas parce que c’est un classique aux Etats-Unis (ce que j’ai découvert après haha), mais tout bonnement car c’est Annie Saumont qui l’a traduit, et que je l’aime bien, Annie. J’avais déjà accroché avec ses romans, et j’ai eu ouïe dire que cette deuxième traduction de L’attrape-cœurs collait beaucoup plus au ton du texte original, qui par le langage très familier, est assez complexe à retranscrire. Portée par cet engouement donc, je le commande rapido au Père-Noël.

visuel L'attrape-coeurs

Un petit résumé de l’histoire avant d’aller plus loin :

« Nous sommes en 1949 dans une pension de la côte Est américaine. Holden Caulfield pourrait être un adolescent américain tout ce qu’il y a de plus ordinaire : une famille qui lui tape sur le système, une scolarité chaotique… des problèmes d’adolescence ordinaires. Expulsé, Holden s’enfuit trois jours avant le début des vacances de Noël. Il prend le train pour New York et, ayant trop peur de la réaction de ses parents, s’installe dans un hôtel. ‘L’ Attrape-cœurs’ relate les trois jours durant lesquels ce jeune garçon est livré à lui-même. A chaque pas, à chaque rencontre, ne trouvant toujours pas les réponses à ses questions, ne comprenant pas le monde qui l’entoure, complètement paumé, il se rapproche un peu plus d’une crise qui nous guette finalement tous. »

J’ai tout d’abord eu le sentiment de retrouver une part du style d’Annie Saumont, dans ce langage un peu « brut ». Ensuite j’ai été déstabilisée par cet anti-héros, son caractère, sa vision des choses, le tout par hyper hyper enthousiaste, gai, et leurs synonymes. Ca vous met un peu mal à l’aise.

J’ai quand même eu du mal à accrocher avec ce livre. Mais le rythme de l’histoire et un peu de persévérance m’ont amené jusqu’à la fin. Le jeune garçon est finalement touchant, un peu pathétique aussi, mais humain.

J’ai bien aimé ce livre, pour le dérangement et la réflexion qu’il provoque, « l’originalité » du style d’écriture, toutes les aventures qui arrivent à Holden, et la satisfaction d’avoir lu quelque chose de classiquement intelligent 😉

Et vous qu’en avez-vous pensé ? A t’il « attrapé votre cœur » ? Avez-vous lu la 1ère traduction du roman ? Sinon avez-vous envie de le lire ?