Souvenir de vacances

 

Bonjour à tous,

Je reviens avec un bon gros recueil de contes, cette fois-ci qui ne sont pas russes mais haut-alpins ! Il s’agit de Contes & légendes des Hautes-Alpes, d’Anne Lopez (éditions De Borée).

Et quoi de plus sympathique qu’un peu de ré-enchantement en ce moment ! Même si, au fond, l’incarnation de l’ogre, la vieille sorcière, le géant, l’orphelin ou encore de l’agneau peut bien se transposer dans la réalité non ?

Après la préface de Raymonde Eynaud, présidente du Groupe folklorique et régionaliste « Le pays Gavot » (on mesure l’intégration de l’auteur dans le territoire !) et l’avant propos de l’auteur, le livre se découpe en partie, chacune pour un mois de l’année. Chaque mois contient environ 6 ou 7 contes. Quelques photos en noir & blanc agrémentent et illustrent les récits.

J’étais très emballée par cette lecture, d’autant plus après avoir lu l’élogieuse préface. Très vite, dès la première histoire, plusieurs éléments ne m’ont pas plu.

La façon dont Anne Lopez a retranscrit par écrit ce qu’on lui a raconté çà et là sur les Alpes, est très axée sur l’oralité. On aime ou on n’aime pas. On pourrait presque imaginer un script d’un conteur. J’ai trop vu la structure: l’introduction, le développement et la conclusion. J’ai eu l’impression qu’elle s’est efforcée de l’intégrer, et qui pourtant n’ a, pour moi, rien apporté à l’histoire. Cette juxtaposition de présent (ces ajouts introductifs et de commentaires de l’auteur sur la situation), de passé (le conte en lui-même) ne font, pour moi, pas bon ménage dans ma lecture. Le langage familier est très souvent présent au fil des pages: « On se casse ! » et autres m’ont fait perdre le ré-enchantement que je recherchais en lisant ce genre d’histoire.

Enfin, les princesses et les géants ne peuvent pas parler comme ça dans un merveilleux pays lointain !

Par ailleurs, il y a une trop grande quantité de protagonistes benêts et à l’angle de vision aigu, pour ne pas  se demander si les gens du coin sont très futés !

J’ajouterais enfin que les photos contemporaines renforcent ce sentiment de mélange passé-présent, mais qu’elles sont souvent trop foncées pour en apprécier toutes les subtilités…

Pas tout à fait un coup de cœur donc !

Les points positifs, quand même, ont d’abord été l’agréable surprise de tomber sur un recueil de contes si local, de retrouver les endroits connus au fil des pages, et d’en découvrir « la face cachée » grâce au conte. On rigole, on s’attriste (ironiquement ou pas), les contes sont vivants. On sent une jolie plume et surtout une grande curiosité de l’auteur, pour collecter autant de récits chez les habitants de la région. Et même si la qualité du noir et blanc des photos est pour ma part discutable, j’ai aimé cette touche poétique qu’elles apportent. Il m’aura fallu un certain nombre d’histoires pour m’habituer, accepter et tenter d’apprécier le choix de cette « oralité écrite » de l’auteur !

A conseiller si vous êtes du coin ou si vous y êtes déjà allé, si vous aimez l’esprit conteur plus que le narratif, et que vous appréciez les anecdotes un tantinet grivoises paysannes !

Quelques citations:

« Ah non ! Je n’arriverai pas à prendre la suite de mes prédécesseurs et à vous raconter cette légende en suivant la même imposture. » (La dame des Vigneaux, page 191)

« – Je le sais bien, ma fille. A force de le gaver [le mari de la fille], la mère poule en a fait un chapon. » (Belle Née au Soleil, page 183)

« A l’époque, la puce à l’oreille n’était pas le signal de l’invasion d’une chevelure, mais une réalité tangible, je dirais même mieux, audible. » (Toison d’Or, page 29)

« On dit que « Orcières » viendrait de « Ourcières », pays des ours qui habitaient les forêts, il y a encore un peu plus d’une centaine d’années. » (Toison d’Or, page 28)

 

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D’amour et d’eau fraîche

Bonjour à tous,

Après un passage dans une iiimmennnnse librairie, j’en suis notamment ressortie avec Contes au fil de l’eau de Maupassant (Gallimard – collection Folio 2€).

Le titre est assez explicite. Chaque histoire se passe soit près d’une rivière, de la mer, d’un marais… Elles dépeignent l’aventure humaine et amoureuse.https://i1.wp.com/decitre.di-static.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/7/0/4/9782070447787FS.gif

Plus facile à lire que ce recueil, il y a vraiment une unité dans celui-ci. Il reste toutefois varié par les émotions que ces nouvelles provoquent et le choix des personnages. L’écriture de Maupassant m’a transporté de conte en conte. Tantôt avec un sentiment décontenancé, tantôt un état de plénitude (=histoire qui finit mal vs histoire avec un zeste d’eau de rose).

Contrairement au premier recueil de l’auteur que j’ai lu l’an dernier, les histoires n’ont pas fait « plouf » à la fin. J’ai trouvé les fins mieux amenées. Pour ma part, elles ne sont pas arrivées comme un cheveux sur la soupe. Sans en dévoiler trop, on aura quand même quelques surprises à la lecture de certaines !

Quelques citations :

« Le marais, c’est un monde entier sur la terre, monde différent qui a sa vie propre, ses habitants sédentaires, et ses voyageurs de passage, ses voix, ses bruits, et son mystère surtout. » (dans Amour)

« Il y a dans toute création, l’être moral et l’être physique. Pour aimer, il me faudrait rencontrer entre ces deux êtres une harmonie que je n’ai jamais trouvée. » (dans Lettre trouvée sur un noyé)

« Je ne connais pas l’énervement affolant de l’espérance quand elle va venir, et la divine mélancolie du regret, quand elle s’enfuie en laissant dans la chambre une odeur légère de violette et de chair. » (dans Lettre trouvée sur un noyé)

Votre avis ? L’avez-vous lu ? Sinon tenté(e) de le lire ?

Article qui participe au Challenge Classiques 2014 chez Milleetunefrasques.https://i0.wp.com/www.milleetunefrasques.fr/wp-content/uploads/2014/01/Challenge-classique-4.jpg