Ironie quand tu nous tiens

maupassant la parure (c) pulpedelivre

Bonjour à tous,

Voilà un premier résultat des courses d’une lecture biblio. Maupassant est de retour ici avec le recueil de nouvelles La Parure (Le Livre de poche, collection Libretti). Il contient trois nouvelles: La Parure donc, Sur l’eau et La Légende du Mont Saint-Michel.

Je me suis aperçue, en commençant l’ouvrage, que j’avais déjà lu les 2/3 dans d’autres recueils. Pour moi une nouveauté donc et deux « rappels ».

 

Ce qu’en dit le résumé:

Voici trois nouvelles exemplaires par le souci du détail vrai, la rigueur de la construction, la maîtrise du récit, l’art de la chute. « La Parure » dépeint avec alacrité le menu peuple des bureaux. « Sur l’eau » évoque la vie nocturne d’une rivière, ses bruissements mystérieux, sa faune secrète, ses maléfices, ses drames. « La Légende du Mont Saint-Michel » nous transporte au cœur du folklore normand où la roublardise paysanne fait bon ménage avec le goût du merveilleux. Une même ironie, tantôt enjouée tantôt cruelle, sous-tend ces trois textes. Elle illustre la profonde acuité d’une œuvre qui, de Boule de Suif au Horla, n’a cessé de mettre au jour avec une égale curiosité les ressorts inattendus de la mécanique humaine.

Nous avons ici un échantillon de chacun des talents de Maupassant: une nouvelle, un conte, et un récit plutôt fantastique. Une bonne entrée en matière avant d’acquérir les « full size ». Même si je savais déjà à quoi m’attendre, celle que j’ai préférée est la première, La parure. Dans la suivante, Maupassant nous fait voyager au Mont Saint-Michel, d’autant plus si on a déjà été sur place. Un poil enfantin, cela reste néanmoins un conte bien écrit et bien construit. La dernière, celle que j’ai le moins apprécié, est sûrement dû au fait que j’ai pas d’attirance particulière avec l’eau, la rivière et les canotiers, et ce malgré ces petits passages poétiques !

En conclusion, une lecture peu transcendante pour moi, mais que je conseille à ceux qui découvrent Maupassant.

Et vous ?

Quelques citations:

« Elle découvrit dans une boîte de satin noir une superbe rivière de diamants… Elle l’attacha autour de sa gorge et demeura en extase devant elle-même. » (La Parure)

« J’aime l’eau d’une passion désordonnée… les rivières si jolies mais qui passent, qui fuient, qui s’en vont. » (Sur l’eau)

« Je l’avais vu d’abord de Cancale, ce château de fées planté dans la mer. Je l’avais vu confusément, ombre grise dressée sur le ciel brumeux. » (La Légende du Mont Saint-Michel)

D’autres lectures et avis sur Guy de Maupassant: ici, ici, et ici

Lu dans le cadre du Challenge classique chez Milleetunefrasques

http://www.milleetunefrasques.fr/challenge-classiques-2014-la-page/

La sobriété heureuse ou à toi de jouer !

Deux alternatives dans ce titre pour résumer en quelques mots ma lecture !

guerison du monde - FL

Bonjour à tous,

L’été touchant à sa fin, voici une lecture qui sonne tout à fait « rentrée ». J’ai voulu lire ce livre document, au titre évocateur, en juillet-août, comme une rebelle des lectures faciles et ensoleillées idéales pour la plage. J’ai donc mis – un peu plus – que deux heures pour le lire…

L’auteur, Frédéric Lenoir, est philosophe et sociologue. Il est aussi chercheur associé à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et producteur de l’émission Les racines du ciel sur France Culture. Il a un certain nombre d’essais à son actif.

C’est la première fois que je m’attaque à ce genre d’ouvrage. La jolie couverture (eh oui ça peut jouer !) m’a d’abord attiré et le thème abordé m’a plu. L’auteur nous livre ses réflexions sur les maux de notre société, et des pistes pour y remédier.

Le livre est très structuré et bâti en parties, chapitres, etc. Il commence par poser le décor. Pour comprendre pourquoi nous en sommes là aujourd’hui, une première partie de plusieurs chapitres nous décrit par exemple la fin de la ruralité, l’ère de la vitesse, la globalisation de l’information, la mondialisation économique… Ce tour d’horizon m’a paru très intéressant.

Ensuite, il faut quand même avoir une base de connaissance si ce n’est quelques avis, pour pouvoir suivre du début jusqu’à la fin, pour soupeser les propos mais aussi pour prendre du recul sur la lecture. Un discours qui ne se voile pas la face, qui m’a semblé en phase avec les besoins réels, à tendance écologique et philosophique, quoique peut-être semblable à un enseignement de sciences politiques, ce qui pourra déplaire à certains.

Le ton magistral et les longueurs descriptives sur de vastes sujets ont fini par me refroidir. Je retiens quand même les tas de bonnes idées réalistes et « concrétisables »,  j’étais d’accord sur un certain nombre de points évoqués. La fin du livre et sa conclusion m’ont, il faut le dire, quelque peu libérée, mais sur une fin heureuse si on peut dire ! « A toi de jouer », c’est un peu comme ça que j’ai perçu le message de l’auteur.

Je le conseille donc à ceux qui ont envie de s’interroger avant de consommer, dont ce n’est pas leur premier essai sur ce sujet et qui n’ont rien contre une dose de discours d’apprentissage.

Quelques citations:

« Rosa a ainsi calculé qu’un homme de trente-cinq ans a déjà vécu trois fois la vie de son grand-père (il a en moyenne changé trois fois de compagne, de poste de travail, de domicile…) » (Partie 1, chapitre 2)

 » […] nous nous bornons à percevoir que quelque chose se modifie, la plupart d’entre nous avec inquiétude, une minorité avec exaltation. (Partie 1, chapitre 4)

« S’il veut être en paix avec lui-même, un musicien doit faire de la musique, un peintre faire de la peinture, un poète écrire » (A. Maslow, Partie 2, chapitre 1)

Et une petite dernière pour la route:

« C’est précisément parce que la modernité a mis l’individu au centre du dispositif que le monde ne pourra changer que lorsque les individus eux-mêmes changeront » (Partie 2, chapitre 4)

Et vous, avez-vous lu ce livre ? D’autre(s) du même auteur ? Que pensez-vous de ces citations ?

De nouveaux venus en août

Bonjour à tous,

Voici deux romans que j’ai eu l’occasion d’acquérir au gré de mes vacances ce mois-ci, en tombant sur une belle et grande librairie (indépendante de surcroit !) .

  •  La vie en mieux, d’Anna Galvada (Le Dillétante):

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Une nouveauté dans le paysage littéraire, puisque sorti fin juillet, j’avais repéré ce roman sur un blog (dont je ne me souviens plus le nom, probablement lors d’une virée surf sur la toile  ;))

« Deux histoires. Deux histoires de jeunes gens de notre temps, repus, mais affamés, polis, mais enragés, qui préfèrent encore prendre le risque de se tromper de vie plutôt que de n’en vivre aucune.« 

Deux novellas (= des histoires entre 17 500 et 40 000 mots d’après Wikipédia, donc un petit roman) d’histoire de vie, qui semblent à la fois déroutantes et émouvantes. Affaire à suivre.

  • Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, de Selma Lagerlöf (Le livre de poche)

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Pour prolonger les vacances, je me suis offerte un voyage en Suède et en Laponie !

« Pour avoir voulu se jouer d’un tomte, sorte de lutin du folklore suédois, le jeune Nils devient pareil à sa victime, c’est-à-dire à peine plus haut que la main. Voulant retenir son jars blanc, tenté par l’appel des oiseaux migrateurs, Nils oublie sa taille minuscule, et le voici emporté dans les airs.
S’ensuivent un voyage à travers la Laponie et la Suède, en compagnie des oies sauvages, et une série d’aventures mi-merveilleuses mi-réelles. Comme toutes les grandes œuvres pour la jeunesse, ce texte, paru en 1907, est devenu un classique qui a enchanté des générations de lecteurs. »

Je mise ici sur un roman doudou, facile à lire, qui me fera faire de beaux rêves 🙂 Il fera aussi parti de mes lectures pour le Challenge nordique du blog Chroniques littéraires !

Et vous, quelles sont vos nouveautés de ce mois d’août ? Avez-vous déjà lu un de ces deux livres ?

Des pâtes, Dieu, et du flirt

mangeprieaimeBonjour à tous,

Aujourd’hui, c’est roman étranger au menu. Le livre en question s’intitule Mange, Prie, Aime, d’Elizabeth Gilbert, publié aux éditions Calman-Lévy.

Résumons l’histoire:

Jeune trentenaire vivant à New York, Elizabeth a beaucoup de bonnes choses pour elle. Mais elle se voit devoir traverser des épreuves difficiles: un divorce, suivie d’une dépression, et pour finir un échec sentimental. Imprégnée de nouvelles aspirations, elle décide de faire, toute seule, avec une visée bien précise, trois voyages de plusieurs mois chacun: le premier en Italie, à Rome, le deuxième en Inde, puis le dernier en Indonésie, à Bali. Elle se donne alors un an pour trouver la paix dans sa vie et dans son âme, avec « l’aide » de la religion.

Le récit commence par une longue introduction, qui plante les circonstances et les raisons de l’auteur sur l’objet de ce roman. Ici et tout au long du livre, elle prend bien soin de ne pas heurter les appartenances religieuses de ses lecteurs, et s’excuse très (trop ?) souvent de croire ce qu’elle croit.

La première partie se passe donc à Rome. Elle nous décrit avec passion la langue qu’elle pratique, ses découvertes culinaires, et ses rencontres amicales. L’auteur a volontairement fait l’impasse sur le côté culturel, pour « se concentrer » sur la nourriture. Mis à part que j’aurais bien aimé découvrir cet aspect là, cette première partie permet de faire connaissance avec l’auteur.

La deuxième partie nous emmène en Inde, dans un ashram (=maison-temple de guru où l’on vient de tous continents pour méditer). Au fil des pages, on note bien l’évolution de son rapport avec les pratiques religieuses, et sa relation avec elle-même. On sent aussi, pour relater et faire le lien avec d’autres religions, qu’elle a dû passer un certain temps à se documenter ! Les explications, pour moi, sur la pratique yogique s’étendent un peu en longueur, car à avoir fait des recherches sur le sujet, elle nous a ressorti là toutes ses nouvelles connaissances ! En tout cas le voyage prend clairement une tournure mystique. Cela crée une certaine atmosphère, mais toujours avec la vision d’une femme vivant dans un pays industrialisé, et avec des interrogations et des pensées qui sont relativement proches de nous.

La dernière partie prend place à Bali. On peut percevoir toute son évolution depuis le début du roman. Sa manière de penser, de voir les choses, de réagir semble bien différente, et on est content pour elle. Elle nous parle donc beaucoup moins de son divorce et de ses précédents malheurs, ce qui amène un peu de fraicheur. Là bas elle rencontre tout un tas de gens; un peu plus encore que dans les autres voyages. Cela soutient le rythme du récit et apporte plus de rebondissements.

Finalement, j’ai apprécié ce roman car il m’a permis de voyager dans différents endroits très différents, d’apprendre des choses, et de connaître des bons plans pour un prochain voyage à Rome. J’ai aussi pu m’éveiller à la spiritualité, et à la celle de l’auteur, ce qui était assez agréable. Un petit bémol pour l’esprit très américain et une vision assez romancée de ses périples, qui ne parait pas toujours vraisemblable (partir seule pendant un an sans grande préparation et tout juste sortie de dépression… Se lier d’amitié avec toutes les personnes qui se sont mises sur son chemin, quel que soit le pays et l’appartenance de ces personnes… La voix de la raison toujours juste et pile poile au bon moment de Richard du Texas…Retrouver le premier jour de son arrivée son sorcier de Bali grâce au réceptionniste de son hôtel, en connaissant uniquement son prénom… vraiment ?)

Quelques citations:

« Au fait, le mot « paradis », qui nous vient du persan, signifie littéralement « jardin enclos » ». (En Indonésie)

« Ce que le tabac inflige aux poumons, le ressentiment l’inflige à l’âme; même une seule bouffée est nocive ». (En Inde)

« Je vois bien que cultiver une dose de détachement intelligent dans sa vie peut s’avérer utile de pacification ». (En Inde)

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Envie de le lire – ou pas ?

« News »

Bonjour à tous,

Parlons un peu de classiques de Boule de Suiflittérature française avec le recueil de nouvelles Boule de Suif de Maupassant, publié aux éditions Le Livre de Poche (collection Les Classiques de Poche).

Pour la petite histoire, n’aimant pas trop les récits descriptifs et souhaitant me replonger dans nos classiques, on m’a alors conseillé Maupassant. Du XIXe siècle, des nouvelles ou des romans, l’assurance donc de ne pas avoir à lire la description de l’ouverture d’un placard bleu vif à poignées rondes lisses et blanches, en haut légèrement à gauche entre… enfin voilà on a compris le concept 🙂

L’introduction nous dit qu’il s’agit d’un recueil permettant d’apprécier les différents aspects de Maupassant nouvelliste au début de sa carrière. Sont réunies les préoccupations et thématiques diverses de la première partie de son œuvre. On dénombre une petite vingtaine de nouvelles. Au programme des récits cruels et fantastiques, des récits sur un fond de guerre, qui dépeignent ironiquement la morale et le code conduite de la bourgeoisie, etc.

Pour ma part, j’ai bien aimé l’ambiance très « vintage », et l’étendue des sujets abordés. J’ai trouvé amusant d’apprendre la signification autre de certains mots à l’époque. On ressent bien que Maupassant aime se moquer de la bourgeoisie normande, le ton ne semble pas toujours neutre ! Petit bémol pour moi tout de même, notamment pour la nouvelle Boule de Suif, mais aussi La dot et L’attente, où je suis restée sur ma faim. Le décor est largement planté dans les premières pages, avec un certain nombre de personnages selon le récit, l’intrigue est lancée… et puis pouf, c’est déjà la fin ! Si dans certaines nouvelles il semble bien qu’il est voulu nous laisser méditer, pour d’autres il m’aurait fallu quelques lignes de plus avant le point final.

Et vous, votre avis ? Avez-vous lu d’autres recueils de Maupassant ?