De nouveaux venus en août

Bonjour à tous,

Voici deux romans que j’ai eu l’occasion d’acquérir au gré de mes vacances ce mois-ci, en tombant sur une belle et grande librairie (indépendante de surcroit !) .

  •  La vie en mieux, d’Anna Galvada (Le Dillétante):

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Une nouveauté dans le paysage littéraire, puisque sorti fin juillet, j’avais repéré ce roman sur un blog (dont je ne me souviens plus le nom, probablement lors d’une virée surf sur la toile  ;))

« Deux histoires. Deux histoires de jeunes gens de notre temps, repus, mais affamés, polis, mais enragés, qui préfèrent encore prendre le risque de se tromper de vie plutôt que de n’en vivre aucune.« 

Deux novellas (= des histoires entre 17 500 et 40 000 mots d’après Wikipédia, donc un petit roman) d’histoire de vie, qui semblent à la fois déroutantes et émouvantes. Affaire à suivre.

  • Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède, de Selma Lagerlöf (Le livre de poche)

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Pour prolonger les vacances, je me suis offerte un voyage en Suède et en Laponie !

« Pour avoir voulu se jouer d’un tomte, sorte de lutin du folklore suédois, le jeune Nils devient pareil à sa victime, c’est-à-dire à peine plus haut que la main. Voulant retenir son jars blanc, tenté par l’appel des oiseaux migrateurs, Nils oublie sa taille minuscule, et le voici emporté dans les airs.
S’ensuivent un voyage à travers la Laponie et la Suède, en compagnie des oies sauvages, et une série d’aventures mi-merveilleuses mi-réelles. Comme toutes les grandes œuvres pour la jeunesse, ce texte, paru en 1907, est devenu un classique qui a enchanté des générations de lecteurs. »

Je mise ici sur un roman doudou, facile à lire, qui me fera faire de beaux rêves 🙂 Il fera aussi parti de mes lectures pour le Challenge nordique du blog Chroniques littéraires !

Et vous, quelles sont vos nouveautés de ce mois d’août ? Avez-vous déjà lu un de ces deux livres ?

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J’ai de bonnes nouvelles pour vous !

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Annie Saumont

 Bonjour à tous,

Comme laisse entrevoir le titre du billet, il ne s’agit pas de roman aujourd’hui, mais d’un recueil de nouvelles. Je vous en remets une deuxième couche en vous proposant un autre d’Annie Saumont: La terre est à nous.

J’aime bien cette photo, on dirait que c’est un proche qui l’a prise devant chez elle, et non un professionnel pour tel document de presse. Elle parait toute frêle, alors que ses livres sont plutôt écrits d’une main de fer !

J’ai trouvé ce petit bijou dans ma bibliothèque (si on ne trouve pas toujours les nouveautés, au moins, certains livres plus anciens y sont !). Pourtant moins récent donc que Un soir, à la maison, l’écriture est restée somme toute la même, moderne, sans fioriture, et incisive. Certaines nouvelles étaient particulièrement longues et d’autres très courtes. Ca donne le sentiment, en commençant une nouvelle histoire, de ne pas savoir où cela va nous mener ! Surtout que l’auteur n’a pas besoin de 20 pages pour nous donner le bourdon/nous faire réfléchir/nous choquer; au choix.

J’ai moins voyagé que pour Un soir, à la maison par exemple. Pour ce livre les toiles de fond étaient clairement moins variées. Beaucoup d’histoires d’enfants et d’enfance se succèdent (la place de l’enfant dans sa famille et son environnement, son identité, son histoire, ses racines, ses changements, les regrets d’enfance d’adultes, etc.).  Passer ce sujet sous la plume d’Annie Saumont, cela devient presque un peu « trash ». D’autant plus que l’image de l’enfance est innocente et fragile, nous touche forcément. Les personnages très ordinaires, sa plume épurée qui colle bien à ce thème, permettent de nous sensibiliser encore davantage.  La terre est à nous, à Edmonde, dans les mains d’Abdul, mais à quel prix !

En tout cas je pense pouvoir recommander à peu près tous ses livres lus à l’heure actuelle !

Quelques citations:

« Dis Nadège, pourquoi tu mets plus tes belles robes comme avant ? Tes belles robes de princesse avec des volants. Avant quoi ? Sophie hésite, hausse les épaules. Avant. Quand tu riais. » (Nostalgie)

« Ce jeudi au Café du Commerce il y avait de la beauté en rab. Les autres jours allez savoir. Parfois peut-être on ne voyait que du laid. L’un dans l’autre une moyenne acceptable. » (Jeudi matin au Café du Commerce)

« Quand tout ce sucre fond dans la bouche c’est comme si on planait. On est ailleurs. On est sauvé. Rien que d’y penser j’en salive. » (Loukoums)

« C’est ça le malheur- Frédéric: dix sept ans et seulement l’espoir de vieillir en vitesse. Après celui d’avoir son bac. » ( ?)

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L’effet boule de neige

La tête de l'emploiBonjour à tous,

La semaine dernière s’est fait dévorer, car lu rapidement, le roman La tête de l’emploi de David Foenkinos (éditions J’ai Lu, en semi-poche).

Il est aussi l’auteur, entre autres, de La délicatesse, récemment adapté au cinéma avec Audrey Tautou et François Damiens.

Résumons l’histoire:

Notre « héros » s’appelle Bernard. Prénom qui ne prédispose pas à l’extraordinaire pour un homme remarquablement banal. A 50 ans, il voit son destin tourner au vinaigre: plus d’emploi, plus de femme, et plus de logement.

Si vous cherchez un roman divertissant, qui se lit en moins de  trois ans (entre guillemets), que vous aimez l’ironie ET qu’il ne pleut pas dehors; ce livre est pour vous ! Après avoir entamé le début, on sait tout de la signification du prénom Bernard ! Son angoisse, sa misère et ses problèmes sont justement dépeints. Ses remises en question à côté de la plaque ainsi que la description acide notamment de ses parents m’ont fait sourire à plusieurs reprises. Les petites notes de bas de page viennent agrémenter l’humour du récit. Ni trop ni trop peu. Un sujet terrible que l’auteur a su faire passer avec un style bien propre. Un petit bémol peut-être pour les graaaannndes marges du texte, qui ne trompent pas l’œil sur la consistance du livre.

Quelques citations:

« Mon père s’appelle Raymond, et il n’a pas été résistant (enfin, au sens historique, car il faut une certaine capacité de résistance pour vivre avec ma mère) […]. »

« Pour paraître normal, je lui adressais régulièrement de petits sourires que j’espérais décontractés. Sa mine hallucinée m’obligea à me rendre compte que j’avais probablement l’air d’un demeuré à sourire ainsi, par soubresauts, comme une ampoule en fin de vie. »

« … quand j’avais réfléchi aux personnes qui étaient susceptibles de m’aider à retrouver du travail, le nom de Berthier avait paru évident. Il était sans doute vrai que les moments difficiles permettaient de discerner ses véritables amis. […]
Pourquoi m’évertuer à vanter mes propres mérites auprès de ce salaud ? Il n’avait rien à me proposer. Il avait voulu me voir uniquement pour apprécier sa propre situation. C’est ainsi que jouissent les minables. »

Votre avis ? Avez-vous lu d’autres livres de l’auteur ?

« La carte est plus intéressante que le territoire »

http://livre.fnac.com/a4025222/Michel-Houellebecq-La-carte-et-le-territoireBonjour à tous,

Aujourd’hui je vous parle du roman La carte et le territoire de Michel Houellebecq (publié pour ma part chez J’ai Lu).

Un petit résumé :

Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman devait vous en raconter l’histoire, il commencerait peut-être par vous parler d’une panne de chauffe-eau. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.  Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d’une première exposition de son travail photographique. C’était avant que le succès mondial n’arrive avec la série des ‘métiers’, ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l’écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l’exercice de leur profession.  Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle.

Le roman est découpé en trois parties. On navigue dans les deux premières entre l’évolution de la carrière de l’artiste, le rapport qu’il entretient avec son père, le mode d’emploi d’appareils photo, le travail, l’art, la solitude affective aussi, et bien sûr l’argent. En définitive la plupart des composantes de la société sont passées en revue dans ce roman. Michel Houellebecq s’incorpore comme un personnage dans son propre roman. On peut soit le percevoir comme de l’auto-dérision, soit comme de l’auto-glorification… (Il a en effet tendance à citer sa biographie tout au long du récit, et nous prévient dès le début que c’est un bon écrivain, connu, et à l’emploi du temps chargé de mondanité etc. etc. …). Sur la fin, le roman se transforme en policier ! J’ai ressenti une absence d’émotion assez générale dans la vie du personnage principal, qui est décalée par ce qu’il provoque et ce qui se passe autour de lui !

En somme une très bonne lecture (avec quand même par moments, quelques passages un peu longuets de description d’objets et une réticence de prime abord vis-à-vis du personnage de Houellebecq dans le livre).

Quelques citations:

« Alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent des milliers, parfois des millions d’années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours […]. »

« […] La vie vous offre une chance parfois se dit-il mais lorsqu’on est trop lâche ou trop indécis pour la saisir la vie reprend ses cartes, il y a un moment pour faire les choses et pour entrer dans un bonheur possible, ce moment dure quelques jours, parfois quelques semaines ou même quelques mois mais il ne se produit qu’une fois et une seule, et si l’on veut revenir plus tard […] il n’y a plus de place pour l’enthousiasme, la croyance et la foi, demeure une résignation douce […]. »

Des citations de style plutôt neutre et détaché, qui s’appliquent comme le roman dont elles sont issues à dépeindre la société humaine (l’argent, l’égoïsme, un monde l’art un tantinet précieux…). Certes, sans nous en apprendre davantage qu’on ne se doute vraisemblablement déjà, mais j’ai aimé osciller entre désespoir, humour ironique et apaisement.

Et vous, votre avis ?