Butin de fin novembre

livres biblio 11.2014 (c) Pulpedelivre

Bonjour à tous,

Après un passage au stand de ravitaillement hier (comprendre la bibliothèque), j’ai déniché trois trouvailles, avec une similitude: la rapidité.

  • 93 pages pour La Parure de Maupassant (éditions Le Livre de poche) (à 10 francs ! ;))
  • 122 pages pour La Reine des lectrices d’Alan Bennett (éditions Folio)
  • Beaucoup d’images pour Grand Nord, sur les pas de Jack London, de Philippe Lansac (éditions du Garde-Temps).

 

Pour voyager:

Gold, gold gold ! L’appel du Grand Nord, Jack London le reçoit en 1897. L’Excelsior vient de débarquer 40 hommes chargés d’or dans le port de San Francisco. Une tonne d’or pur, 700 000 dollars en pépites ramassées sur les bords du Klondike !

Jack London a 21 ans quand la nouvelle fait la une des journaux. Lui qui a déjà fait tous les petits boulots possibles, et même pirate dans la baie de San Francisco, décide de tenter sa chance. Le 25 juillet 1897, il s’embarque pour Skagway, en Alaska.

Ils seront plus de 250 000 à tenter leur chance entre 1897 et 1899. Cinquante mille arriveront au bout, mais très peu trouveront de l’or. Jack London, lui, passe un hiver dans le Grand Nord. Durant l’été 1898, souffrant du scorbut, il descend le Yukon jusqu’à la mer de Béring puis embarque pour San Francisco. Sans or, mais avec une immense réserve d’histoires.

Après une longue bataille avec les éditeurs, il publie Le Fils du loup. C’est un succès, une fortune faite dans le Klondike sans pioche ni bâtée. Des récits de London sur le Grand Nord accompagnent ce voyage au Klondike, qui nous emmène à la rencontre de personnages chers à l’écrivain : trappeurs, Indiens, conducteurs de traîneaux, missionnaires ou chercheurs. La fièvre de l’or, elle aussi, est encore vivante.

Pour rire British:

Dans ce roman, Alan Bennett imagine une Angleterre où la Reine Elisabeth II se prendrait de passion pour la lecture et délaisserait quelque peu les affaires du royaume et sa garde robe !. La passion de la reine prend un peu plus de place chaque jour, et ses lectures s’accompagnent peu à peu de réflexion sur l’utilité de la lecture et le pouvoir des livres…

Pour un petit classico-Maupassant:

Voici trois nouvelles exemplaires par le souci du détail vrai, la rigueur de la construction, la maîtrise du récit, l’art de la chute.

 » La Parure » dépeint avec alacrité le menu peuple des bureaux.
« Sur l’eau » évoque la vie nocturne d’une rivière, ses bruissements mystérieux, sa faune secrète, ses maléfices, ses drames.
« La Légende du Mont Saint-Michel » nous transporte au cœur du folklore normand où la roublardise paysanne fait bon ménage avec le goût du merveilleux. 

Une même ironie, tantôt enjouée tantôt cruelle, soudain ces trois textes. Elle illustre la profonde acuité d’une œuvre qui, de Boule de suif au Horla, n’a cessé de mettre au jour avec une égale curiosité les ressorts inattendus de la mécanique humaine.

Reste à savoir qui sera ouvert en premier ??

Some news

Nouvelles, J.D. Salinger, Pocket

Bonjour à tous,

Un titre tout en un, puisqu’il s’agit: d’un auteur anglophone, d’un livre qui regroupe plusieurs nouvelles et que cela faisait un moment qu’un post n’avait pas pointé le bout de son nez ici !

Deuxième livre que je lis de cet auteur. Le premier était une jolie découverte. Pour le titre de celui-ci, Nouvelles, il ne s’est pas trop cassé la tête, Jérôme David ! En revanche, pour son contenu, certainement un peu plus.  Je me suis donc retrouvée avec 9 nouvelles, aux personnages variés, et au décor différent. Un moment précis de vie d’un personnage nous est raconté dans chaque nouvelle. C’est souvent ambiguë. Dès que l’on croit avoir cerné l’histoire, hop ça bascule et on se rend compte que l’on est à côté de la plaque. A quelques occasions, j’ai un peu décroché dans la longueur de la nouvelle, pour ensuite tomber par terre à la dernière ligne, qui clôt le spectacle.

Des angoisses post guerre ou non, sa vision de la société, et le refuge de l’enfant.

Si j’ai apprécié davantage certaines nouvelles (Un jour rêvé pour le poisson-banane, L’Homme Hilare), d’autres ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable (Teddy, Jolie ma bouche et verts mes yeux, Juste avant la guerre avec les Esquimaux).

Quelques citations:

« J’étais si excité que s’il m’avait annonce que la chambre de son fils était, jour et nuit, inondée de trente centimètres d’eau, j’aurais probablement poussé un petit gloussement de plaisir. »

« L’évidence apparaît toujours trop tard, mais la plus singulière différence entre le bonheur et la joie, c’est que le bonheur est un solide, alors que la joie est un liquide. »

Et vous, ça dit quoi ?

Lu dans le cadre du Challenge classique chez Milleetunefrasques (par mois, mais pas pour moi)

http://www.milleetunefrasques.fr/challenge-classiques-2014-la-page/

« Voilà ma confession, mon cher docteur. Dites-moi ce que je dois faire ? »

le horlaGuy de Maupassant, Le Horla, Pocket

Bonjour à tous,

Après un pavé, quoi de mieux qu’un tout petit livre ? J’ai donc opté pour le plus fin de mes livres à lire (100 pages), à savoir un recueil de nouvelles de Maupassant: Le Horla.

Quand je lis des classiques, j’ai le sentiment de ne plus passer à côté de ce qui constitue notre trésor national, et de me l’approprier un peu.

J’avais déjà lu deux recueils de l’auteur, Boule de Suif et Comtes au fil de l’eau. Celui-ci n’a rien à voir ! La couverture nous donne un avant goût du contenu. Je ne suis pas spécialement branchée lecture fantastique, mais en revanche j’en suis de Maupassant !

Dans ce recueil (Pocket, 2013), on retrouve une préface, qui nous plante de décor, en nous mettant dans le bain pour les cinq nouvelles qui suivent: Le Horla (2nde version), Un fou ?, La folle, Lettre d’un fou, et La peur. J’ai été un peu déçue qu’il y ait si peu de nouvelles (je l’ai commandé en ligne). Mais bon, pour 1,55€, le rapport quantité-prix leur a semblé être raisonnable.

Si elles traitent toutes de la folie, chaque nouvelle est différente. Sauf les deux premières qui se ressemblent beaucoup selon moi. J’ai aimé cette écriture fluide et un brin poétique, même dans une ambiance flippante comme celle-là. Et en ayant connaissance de l’état de l’auteur à ce moment. Je pensais au début, « oh, même pas peur du livre et de la couverture qui se veut pseudo-effrayante, il se lit au collège… ». Que nenni ! Maintenant je le regarde autrement…

Si vous avez beaucoup d’imagination: effet garanti !

Quelques citations:

« Fête de la République. […] C’est pourtant fort bête d’être joyeux, à date fixe, par décret du gouvernement. Le peuple est un troupeau imbécile, tantôt stupidement patient et tantôt férocement révolté. » (Le Horla)

« Je vivais comme tout le monde, regardant la vie avec les yeux ouverts et aveugles de l’homme, sans m’étonner et sans comprendre. Je vivais comme vivent les bêtes, comme nous vivons tous, accomplissant toutes les fonctions de l’existence, examinant et croyant voir, croyant savoir, croyant connaître ce qui m’entoure, quand, un jour, je me suis aperçu que tout es faux » (Lettre d’un fou)

« Cette métamorphose accomplie par le nerf auditif dans le court trajet de l’oreille au cerveau nous a permis de créer un art étrange, la musique […] » (Lettre d’un fou)

* Titre de l’article tiré de la nouvelle Lettre d’un fou.

Et vous, votre avis ? D’autres livres de Maupassant à me conseiller ?

Lu dans le cadre du Challenge Classiques chez Milleetunefrasques.

http://www.milleetunefrasques.fr/challenge-classiques-2014-la-page/

Encore du Saumont s’il vous plait !

annie saumontBonjour à tous,

Premier billet que je rédige sur cet auteur, alors que j’aime beaucoup ce qu’elle fait depuis un petit moment. J’ai déjà lu quatre de ses recueils (avec celui-ci) et une traduction; il était presque temps de vous en parler !

A ma connaissance elle écrit des nouvelles et est aussi traductrice de littérature anglophone (notamment le fameux L’Attrape-cœurs de J.D Salinger).

J’avais a-do-ré Le tapis du salon, ma première découverte dans sa bibliographie. J’ai ensuite lu Un si beau parterre de pétunias et Encore une belle journée. Un soir, à la maison ressemble un peu au Tapis du salon. J’ai aimé que les histoires ne virent pas au trash, comme dans l’un des deux livres précédemment cités (je ne me souviens plus lequel; et peut-être cela concernait-il les deux !). Chaque histoire a un point commun ancré dans le quotidien mais elles sont toutes très variées. Aucune nouvelle ne finit comme un cheveux sur la soupe. Si une fin se termine subitement, on sent que ça a été habilement maîtrisé. Une majuscule après une virgule, des petites « notes » entre parenthèses, l’auteur fait sa propre ponctuation. Toujours cette écriture précise, poignante, se basant sur des histoires du quotidien. « L’âge, la routine, les trahisons, les limites : un panorama doux-amer de ce que la vie, irrémédiablement, nous réserve ». Un petit livre à n’en faire qu’une bouchée. Un régal. J’en veux encore !

Quelques citations:

« Parce que. Cet homme vous avait souri. Parce qu’il avait gardé votre main dans la sienne un peu plus longtemps que la normale, mais qu’est ce que c’est, la normale ? Des mains qui se serrent font-elles un aveu ? » (Chambre)

« On lui prépare son biberon on le cale dans sa chaise haute, on cale le biberon aussi, oui sur la tablette, le biberon dressé entre un exemplaire de La Divine Comédie et un Manuel des bonnes manières, une cordelette fixant le tout, ça tient […] » (Chambre)

« Quand la pluie a cessé j’ai couru encore. On marchait derrière moi à lourdes enjambées, bientôt ça devenait une course-poursuite mais j’étais si rapide, je courais éperdument dans la forêt de là-bas ». […] Mais non. Il a dit non, il a dit oui. » (Equateur)

« Si on en fait un rituel quotidien il est improbable qu’on remarque un changement. […] Du jour au lendemain j’étais exactement la même. Le lendemain du jour aussi. Pourtant on change. J’ai changé. » (TGV. La gare)

Et vous, connaissiez-vous Annie Saumont ? Avez-vous lu ce recueil ?