« La carte est plus intéressante que le territoire »

http://livre.fnac.com/a4025222/Michel-Houellebecq-La-carte-et-le-territoireBonjour à tous,

Aujourd’hui je vous parle du roman La carte et le territoire de Michel Houellebecq (publié pour ma part chez J’ai Lu).

Un petit résumé :

Si Jed Martin, le personnage principal de ce roman devait vous en raconter l’histoire, il commencerait peut-être par vous parler d’une panne de chauffe-eau. Ou de son père, architecte connu et engagé, avec qui il passa seul de nombreux réveillons de Noël.  Il évoquerait certainement Olga, une très jolie Russe rencontrée au début de sa carrière, lors d’une première exposition de son travail photographique. C’était avant que le succès mondial n’arrive avec la série des ‘métiers’, ces portraits de personnalités de tous milieux (dont l’écrivain Michel Houellebecq), saisis dans l’exercice de leur profession.  Il devrait dire aussi comment il aida le commissaire Jasselin à élucider une atroce affaire criminelle.

Le roman est découpé en trois parties. On navigue dans les deux premières entre l’évolution de la carrière de l’artiste, le rapport qu’il entretient avec son père, le mode d’emploi d’appareils photo, le travail, l’art, la solitude affective aussi, et bien sûr l’argent. En définitive la plupart des composantes de la société sont passées en revue dans ce roman. Michel Houellebecq s’incorpore comme un personnage dans son propre roman. On peut soit le percevoir comme de l’auto-dérision, soit comme de l’auto-glorification… (Il a en effet tendance à citer sa biographie tout au long du récit, et nous prévient dès le début que c’est un bon écrivain, connu, et à l’emploi du temps chargé de mondanité etc. etc. …). Sur la fin, le roman se transforme en policier ! J’ai ressenti une absence d’émotion assez générale dans la vie du personnage principal, qui est décalée par ce qu’il provoque et ce qui se passe autour de lui !

En somme une très bonne lecture (avec quand même par moments, quelques passages un peu longuets de description d’objets et une réticence de prime abord vis-à-vis du personnage de Houellebecq dans le livre).

Quelques citations:

« Alors que les espèces animales les plus insignifiantes mettent des milliers, parfois des millions d’années à disparaître, les produits manufacturés sont rayés de la surface du globe en quelques jours […]. »

« […] La vie vous offre une chance parfois se dit-il mais lorsqu’on est trop lâche ou trop indécis pour la saisir la vie reprend ses cartes, il y a un moment pour faire les choses et pour entrer dans un bonheur possible, ce moment dure quelques jours, parfois quelques semaines ou même quelques mois mais il ne se produit qu’une fois et une seule, et si l’on veut revenir plus tard […] il n’y a plus de place pour l’enthousiasme, la croyance et la foi, demeure une résignation douce […]. »

Des citations de style plutôt neutre et détaché, qui s’appliquent comme le roman dont elles sont issues à dépeindre la société humaine (l’argent, l’égoïsme, un monde l’art un tantinet précieux…). Certes, sans nous en apprendre davantage qu’on ne se doute vraisemblablement déjà, mais j’ai aimé osciller entre désespoir, humour ironique et apaisement.

Et vous, votre avis ?

Bienvenue au Club

Bonjour à tous,

Aujourd’hui, j’ai eu envie de vous parler d’une de mes lectures préférées ! Un petit indice est dans le titre de l’article… il s’agit de Le Club des Incorrigibles Optimistes, de Jean-Michel Guenassia (publié pour ma part aux éditions Le livre de Poche). Pour l’info, il a reçu le Prix Goncourt des lycéens de 2009, mais aussi le Prix des lecteurs de Notre Temps.

Un petit résumé avant toute chose:

Le Livre de Poche

« Michel Marini avait douze ans en 1959. C’était l’époque du rock’n’roll et de la guerre d’Algérie. Lui, il était photographe amateur, lecteur compulsif et joueur de baby-foot au Balto de Denfert-Rochereau. Dans l’arrière-salle du bistrot, il a rencontré Igor, Léonid, Sacha, Imré et les autres. Ces hommes avaient passé le Rideau de Fer pour sauver leur peau. Ils avaient abandonné leurs amours, leur famille, trahi leurs idéaux, et tout ce qu’ils étaient. Ils s’étaient retrouvés à Paris dans ce club d’échecs d’arrière-salle que fréquentaient aussi Kessel et Sartre. Et ils étaient liés par un terrible secret que Michel finirait par découvrir. Cette rencontre bouleversa définitivement la vie du jeune garçon. Parce qu’ils étaient tous d’incorrigibles optimistes. »

En ce qui me concerne, ce livre a fait naître un débordement d’émotions ! Du rire, de la tristesse, un certain respect… Chaque personnage est attachant, on navigue entre génération, passé et présent, le tout de manière subtile, ce qui fait facilement avalé les quelques 730 pages. Le côté historique du roman (guerre d’Algérie, Rideau de fer…) peut être très bien accueilli par des « non passionnés » d’histoire, puisque selon moi ils servent beaucoup à dresser la personnalité de chacun, de mieux les comprendre, et pas seulement d’objective démonstration.

Le style est agréable à lire. Ce qui m’a un peu interpellé : Michel, jeune adolescent grandit « mélangé dans  le passé » si on peut dire, autour de fortes personnalités issues de générations antérieures à la sienne. La bouffée d’énergie et d’optimisme sont plutôt perçus en fin d’ouvrage, ce qui contribue aussi à nous tenir en haleine. Pour finir, pour les lecteurs qui sont proches des années 60, ce roman doit probablement faire résonnance. Sinon, je ne saurais pas me prononcer sur la véracité des enregistrements de disques et autres capacités des magnétophones dans les années 50-60 !

Avec ce tourbillon de vies et d’aventures, à quand une suite ??